Tous les ans le CEVIPOF (centre de recherches politiques du CNRS) réalise un sondage auprès des français concernant leur confiance vis à vis de la politique. Cette enquête, très complète, est réalisée depuis 2009. La dernière en date a été publiée en janvier 2017. L'enquête est divisée en 8 parties :

  • n°1 la confiance personnelle et dans la société,
  • n°2 la confiance dans les institutions,
  • n°3 la confiance dans les acteurs politiques
  • n°4 attitudes générales
  • n°5 moyen d'expression publique
  • n°6 l'identité française
  • n°7 perception des systèmes politiques
  • n°8 perception du « métier » politique

Que nous apprend-elle ?

Je ne détaillerai pas tous les chiffres et toutes les questions abordées, car ils sont nombreux. Vous pourrez les consulter en suivant ce lien : http://www.cevipof.com/fr/le-barometre-de-la-confiance-politique-du-cevipof/resultats-1/vague8/ . Je reviens seulement sur quelques sujets et quelques questions, que je pense importante.

Confiance dans les institutions et les personnalités politiques

Ce sont les institutions locales, qui généralement inspirent le plus confiance. 64 % ont confiance dans leur conseil municipale, 54 % dans leur conseil départemental, 51 % dans le conseil régional, 41 % dans le Sénat et 40 % en l'assemblée nationale. Plus on s'éloigne de l'échelle locale, plus la confiance baisse. Par exemple, le gouvernement n'obtient que 28 % et l'OMC 27 %. L'enquête relève le même phénomène avec les personnalités politique. Le maire inspire plus confiance (64%) que conseiller général (49%) ou régional(48%), eux-mêmes plus que le député (45%), le député européen (30%) ou le président de la république actuel (25%). L'organisation qui inspire le plus confiance est l'Hopital (83%), suivi de l'armée (82%), des TPE et des PME (81%). Alors que les trois organisations, qui inspirent le moins confiance sont les syndicats (29%), les médias (24%) et enfin le pire score... les partis politiques (11%).

Démocratie, opinion des français et hommes politiques

89 % des français considèrent que les responsables politiques en prennent pas en compte leurs avis et 70 % que la démocratie ne fonctionne pas très bien. 56 % des personnes interrogées s'intéressent à la vie politique. 81 % ont des sentiments négatifs à l'égard de la politique, dont 40 % éprouvent de la méfiance, 28 % du dégoût,10 % de l'ennui et 3 % de la peur. L'espoir ne récolte que 5 %. Les 5 qualités attendues des français sont les suivantes dans l'ordre de préférence : être honnête, tenir ses promesse, être à la hauteur de ses fonctions, connaître ses dossiers et être proche des gens. Le niveau de confiance envers les politiques donnent le classement suivant :

  • Emmanuel Macron à 34 %
  • François Fillon à 32 %
  • Marine Le Pen à 28 %
  • François Bayrou à 23 %
  • Jean-Luc Mélenchon à 21 %
  • Arnaud Montebourg à 21 %
  • Emmanuel Valls à 20 %
  • François Hollande à 15 %

Ce baromètre permet aussi d'apprendre que 64 % n'ont aucune confiance en Marine Le Pen. Concernant les partis politiques, la division droite/gauche appartient au passé, car 63 % n'ont confiance ni dans la droite, ni dans la gauche pour gouverner le pays. Ce clivage serait-il donc dépassé ? Pour 67 % des sondés, la plupart des responsables politiques ne se soucient que des riches et des puissants. Pour 52 %, c'est le peuple, et pas les responsables politiques, qui devrait prendre les décisions politiques les plus importantes. Enfin, pour 48 % La démocratie fonctionnerait mieux en France si les députés étaient en fait des citoyens tirés au sort. 75 % pensent que le personnel politique est plutôt corrompu.

Le système capitalisme, l'Europe, le monde et l'islam

41 % souhaitent que le système capitaliste soit réformé en profondeur, 51 % sur quelques points et 6 % pas du tout. 42 % pense qu'être membre de l'Europe est une bonne chose, 24 % une mauvaise chose et 33 % ni bon, ni mauvais. 43 % souhaitent que la France se protège d'avantage du monde d'aujourd'hui alors que 24 % attendent plus d'ouverture. 64 % pensent que les jeunes ont moins de chance de réussir aujourd'hui, contre 4 % pour plus de chances. 62 % pensent que l'islam est une menace pour la République, 55 % une source d'enrichissement culturel et 43 % que les enfants nés en France d'immigrés ne sont pas français.